Alors, que nous revenions, toutes les quatres, en longeant la route, en essuyant nos yeux, quelque chose me revint à l'esprit.
-Et Phi, alors, que lui est-il arrivé?!
-Phi? demanda Flandrine.
Je hochais la tête.
-Elle a disparu juste après ton cri, Anaïs.
-Disparu? Mais comment ça se fait? demanda Anaïs, encore bouleversée.
-Je n'en sais rien, répondit Aurore.
-Qu'est ce que ça veut dire? murmurais-je
-Ca veut dire que je lui ai effacé la mémoire, et que j'ai remplacé ses souvenirs.
Nous restâmes pétrifiées.
Finalement, je me retournais brusquement.
-Surprise, Midnight?
-Non. Plus que surprise! Murando! Qu'est ce que tu fais là?
En fait, j'étais assez heureuse. La menace semblait un peu grande pour nous quatre.
-Eh bien figures-toi, que les "gens de là-haut", m'ont permis de venir vous donner un coup de main!
-C'est gentil, répondis-je.
Soudain, son visage devint grave, et il se tourna vers Anaïs.
-Ce qui t'es arrivé n'est pas normal. Surtout que ça aurait dû arriver à Midnight.
Je m'étranglais.
-Bref, ce genre de phénomènes ne peut être généré que par les morts ou par un exécutant: un zombie, une harpie, ou...
Il resta silencieux, et baissa la tête.
-Un vampire, pas vrai? demandais-je.
Il hocha la tête.
Je fronçais les sourcils.
-Elle va me le payer. Peut importe si elle doit mourrir. Je veux en finir avec elle. Qu'elle aille au diable!
-Elle y est déjà...murmura Murando.
-Je ne lui pardonnerais jamais. ajouta Aurore.
-Moi non plus... Nous devons en finir. Elle ne peut pas continuer à nous faire souffrir ainsi, renchérit Anaïs.
Murando soupira.
-Peut être, mais ça ne sera pas une tache facile.
-On a vu pire, et tu le sais... répondis-je.
-Oui. Il y a a peine un quart d'heure, vous avez vécu la pire chose imaginable... Et je n'étais même pas encore près pour agir...
Je souris. Pourquoi s'en voulait-il? Finalement, il nous aimait bien.
-Ce n'est pas grave. Regarde, on est toutes saines et sauves, même si Anaïs restera marquée à tout jamais...
-Elle était si près de la mort, que quand elle mourra vraiment, elle n'aura même plus peur.
Je frissonnais.
J'avais toujours eu peur de la mort.
Je me demandais ce que ça devait faire, d'en être si près.
-Bon, allons-y. Il faut que je vous montres quelque chose, annonça Murando.
Nous le suivions dans la rue, et au bout d'un moment, nous arrivâmes devant une maison entourée d'un mur gris haut et épais, et recouvert par les ronces.
En regardant bien, je me rendis compte qu'il n'y avait aucune entrée.
Murando agita les mains de gauche à droite, une fois, et dans le mur, s'ouvrit une entrée.
Il nous fit signe de nous dépêcher d'entrer.
Une fois de l'autre côté du mur, il fit le même mouvement, et toutes traces d'ouverture disparu.
Je ne dis rien.
Je finissais à avoir l'habitude d'assiter à de tels spectacles.
Il poussa la porte de la maisonnette.
Elle grinça si fort, que je serrais les dents.
Nous rentrâmes.
C'était une petite maison de campagne, pas très grande, mais jolie.
Enfin, à l'intérieur en tout cas,
car l'extérieur était peu accueillant. Des ronces et des mauvaises herbes.
Mais à l'intérieur, malgré les quelques toiles d'araignée, la décoration était plutôt réussie.
Dans l'entrée, il y avait une petite table, un porte-manteau, ainsi qu'un grand tapis bordeaux, usé.
Puis, on arrivait dans le hall.
Un escalier dont la rampe était décorée et sculptée merveilleusement montait au premier étage.
A la droite, il y avait la cuisine, et à gauche, se trouvait le salon.
-Installez-vous dans le salon, j'arrive, dit Murando.
Je m'assis dans le canapé, entre Anaïs et Aurore, pendant que Flandrine s'assis à une chaise près de la table, et la tourna vers nous.
-Pourquoi nous a t-il amené ici? demanda Anaïs.
-Je n'en sais rien... répondis-je.
Murando préparait du chocolat chaud pour tout le monde.
Etrangement, je me sentais bien ici.
Je n'avais ni trop froid, ni trop chaud.
Je me sentais chez moi.