Chapitre 8: Tous les rêves du Monde

Chapitre 8
Tous les rêves du Monde
Chapitre 8: Tous les rêves du Monde

# Posté le samedi 16 juin 2007 12:58

Chapitre 8: Partie 1

Chapitre 8: Partie 1
Alors, que nous revenions, toutes les quatres, en longeant la route, en essuyant nos yeux, quelque chose me revint à l'esprit.
-Et Phi, alors, que lui est-il arrivé?!
-Phi? demanda Flandrine.
Je hochais la tête.
-Elle a disparu juste après ton cri, Anaïs.
-Disparu? Mais comment ça se fait? demanda Anaïs, encore bouleversée.
-Je n'en sais rien, répondit Aurore.
-Qu'est ce que ça veut dire? murmurais-je
-Ca veut dire que je lui ai effacé la mémoire, et que j'ai remplacé ses souvenirs.
Nous restâmes pétrifiées.
Finalement, je me retournais brusquement.
-Surprise, Midnight?
-Non. Plus que surprise! Murando! Qu'est ce que tu fais là?
En fait, j'étais assez heureuse. La menace semblait un peu grande pour nous quatre.
-Eh bien figures-toi, que les "gens de là-haut", m'ont permis de venir vous donner un coup de main!
-C'est gentil, répondis-je.
Soudain, son visage devint grave, et il se tourna vers Anaïs.
-Ce qui t'es arrivé n'est pas normal. Surtout que ça aurait dû arriver à Midnight.
Je m'étranglais.
-Bref, ce genre de phénomènes ne peut être généré que par les morts ou par un exécutant: un zombie, une harpie, ou...
Il resta silencieux, et baissa la tête.
-Un vampire, pas vrai? demandais-je.
Il hocha la tête.
Je fronçais les sourcils.
-Elle va me le payer. Peut importe si elle doit mourrir. Je veux en finir avec elle. Qu'elle aille au diable!
-Elle y est déjà...murmura Murando.
-Je ne lui pardonnerais jamais. ajouta Aurore.
-Moi non plus... Nous devons en finir. Elle ne peut pas continuer à nous faire souffrir ainsi, renchérit Anaïs.
Murando soupira.
-Peut être, mais ça ne sera pas une tache facile.
-On a vu pire, et tu le sais... répondis-je.
-Oui. Il y a a peine un quart d'heure, vous avez vécu la pire chose imaginable... Et je n'étais même pas encore près pour agir...
Je souris. Pourquoi s'en voulait-il? Finalement, il nous aimait bien.
-Ce n'est pas grave. Regarde, on est toutes saines et sauves, même si Anaïs restera marquée à tout jamais...
-Elle était si près de la mort, que quand elle mourra vraiment, elle n'aura même plus peur.
Je frissonnais.
J'avais toujours eu peur de la mort.
Je me demandais ce que ça devait faire, d'en être si près.
-Bon, allons-y. Il faut que je vous montres quelque chose, annonça Murando.
Nous le suivions dans la rue, et au bout d'un moment, nous arrivâmes devant une maison entourée d'un mur gris haut et épais, et recouvert par les ronces.
En regardant bien, je me rendis compte qu'il n'y avait aucune entrée.
Murando agita les mains de gauche à droite, une fois, et dans le mur, s'ouvrit une entrée.
Il nous fit signe de nous dépêcher d'entrer.
Une fois de l'autre côté du mur, il fit le même mouvement, et toutes traces d'ouverture disparu.
Je ne dis rien.
Je finissais à avoir l'habitude d'assiter à de tels spectacles.
Il poussa la porte de la maisonnette.
Elle grinça si fort, que je serrais les dents.
Nous rentrâmes.
C'était une petite maison de campagne, pas très grande, mais jolie.
Enfin, à l'intérieur en tout cas,
car l'extérieur était peu accueillant. Des ronces et des mauvaises herbes.
Mais à l'intérieur, malgré les quelques toiles d'araignée, la décoration était plutôt réussie.
Dans l'entrée, il y avait une petite table, un porte-manteau, ainsi qu'un grand tapis bordeaux, usé.
Puis, on arrivait dans le hall.
Un escalier dont la rampe était décorée et sculptée merveilleusement montait au premier étage.
A la droite, il y avait la cuisine, et à gauche, se trouvait le salon.
-Installez-vous dans le salon, j'arrive, dit Murando.
Je m'assis dans le canapé, entre Anaïs et Aurore, pendant que Flandrine s'assis à une chaise près de la table, et la tourna vers nous.
-Pourquoi nous a t-il amené ici? demanda Anaïs.
-Je n'en sais rien... répondis-je.
Murando préparait du chocolat chaud pour tout le monde.
Etrangement, je me sentais bien ici.
Je n'avais ni trop froid, ni trop chaud.
Je me sentais chez moi.

# Posté le samedi 16 juin 2007 15:24

Modifié le dimanche 17 juin 2007 08:41

Chapitre 8: Partie 2

Chapitre 8: Partie 2
-Encore une fois, tout me semble iréel... soupira Anaïs.
Je ne répondis pas. J'avais la tête baissée.
Je repensais à l'épisode du magasin.
Comment en était-on arrivé là? Qu'avait-on fait à Jodie pour qu'elle nous en veule ainsi?
Mais maintenant, Murando l'avait dit, il fallait en finir, et "l'éliminer"...
Et Anaïs...
J'avais vécu quelque chose de tellement fort, que j'étais fatiguée...
Jamais plus.
Jamais plus, je ne laisserais quelqu'un faire du mal à mes amies.
Et sans que je m'en aperçoive, naissait en moi une haine à toute épreuve.
Un désir de vengeance.

"Mon coeur est froid maintenant..."

-Midnight?!
Je redressais la tête.
-Midnight, ça va? demanda Aurore, en fronçant les sourcils.
-Bah...! Oui, t'inquiètes pas.
Je lui souris.
Murando revint avec un plateau.
Il nous servit à chacunes une tasse de chocolat chaud.
-Désolé, je n'aime pas le chocolat chaud, refusa poliment Aurore.
-Bon, alors, ramène-le à la cuisine.
Elle se leva et alla l'y porter.
Soudain, un cri se fit entendre.
Je me précipitais à la cuisine, suivie par les autres.
Aurore se cacha derrière nous.
Devant la fenêtre ouverte, se trouvait une personne.
Ses longs cheveux gras lui tombaient sur les épaules.
Des petites canines pointues sortaient de sa bouche.
Et sur sa robe blanche était recouverte de sang.
-Que fais tu encore ici?! Pars sur le champs, abrutie!
Elle rit.
Un rire horrible...Aigu...Strident, et cruel.
-Eh bien, ne me dites pas que vous avez peur de votre amie Jodie? murmura t-elle.
-Tu n'es pas notre amie! Tu es une meurtrière! Une gamine abrutie et une sale peste!
Elle planta ses yeux dans les miens.
-Eh bien Midnight... Tu étais pourtant la première à dire qu'on pardonnait toujours Jojo-chan... Alors pourquoi ne pas pardonner BloodJodie?
Je baissais la tête et murmurais:
-Il y a des choses qui ne se pardonne pas...
Elle leva la tête vers Murando.
-Et vous...
Murando la fixa d'un air menaçant.
-Pourquoi es-tu là, Jodie?
-Pour vous donner un message.
-Depuis quand es-tu une Messagère?
-Ce n'est pas un message de sa Majesté la Reine Mère des Vampires. Ce message vient de moi.
Je fis un pas en avant.
-Qu'est ce que tu veux nous dire?...
-Ne vous mettez pas dans de sales draps en essayant de me vaincre. Déjà parce que vous n'y parviendrez pas, et ensuite parce que vous vous mettriez toute la communauté des vampires à dos. Je vous préviens, si vous tentez quoi que ce soit contre moi, vous le paierez très cher.
-Jodie. Tu ne me feras pas croire que tu es venue ici juste pour ça.
-Je ne pouvais pas envoyer un messager. Si ça se savait, je me ferais punir sévèrement. Alors je suis venue.
-C'est la preuve que nous comptons encore pour toi.
-C'est faux! Tais-toi! Vous n'êtes que des idiotes à mes yeux! Comme j'en étais une aux votre.
-Pas avant. Mais maintenant. Jodie.
-Ne prononces plus jamais mon prénom!!! hurla t-elle.
Et elle disparu.
Murando ferma la fenêtre.
-Bon. Ca suffit pour aujourd'hui je crois. Vous n'avez qu'à monter, il y a assez de chambres au premier.
Il s'assit dans le salon.
-Je la détestes vraiment... soupira Aurore.
Et elles montèrent. Quand je m'apprètais à moi aussi monter, alors qu'elles avaient déjà disparu au premier, Murando m'appella.
-Sauf toi, Midnight. J'ai des choses à te dire.
Je me dirigeais vers le salon, et m'assis sur le canapé en face de lui.
-Oui?
Il se tut un instant, puis commença:
-Jodie...
-Je sais. Il faut en finir. Mais je ne penses pas que nous ayons assez de forces pour le faire. C'est une vampire! le coupais-je.
Il me sourit.
-Tu veux dire que tu penses ne pas avoir la force de vaincre cette morveuse après ce que tu as fais pour Anaïs? Et puis, tu n'es pas ce qu'on peut appeller seule.
Je soupirais.
-Midnight, ça n'a pas l'air d'aller, qu'y a t-il?
-...Je me demande, ce que je fais dans une telle histoire...
-Dis moi ce qui ne va pas. Il y a surement une solution. Tout à une solution.

"Tout, sauf mes problèmes...."

# Posté le vendredi 22 juin 2007 09:50

Chapitre 8: Partie 3

Chapitre 8: Partie 3
-Je ne sais pas... J'ai toujours cru plus ou moins au paranormal... Mais je n'ai jamais cru que ce paranormal me ferait perdre une amie...
-Si tu parles de Jodie... Elle l'a en partie choisi. Elle ne serait pas partie du côté des Vampires si elle avait tenu à vous par le passé.
-...Peut-être... Mais j'ai l'impression que rien n'est réel. Et peut-être que je vais me réveiller dans mon lit, et que rien de tout ça ne sera arrivé...
-Un rêve qui durerait un peu longtemps, eh? Tu aimerais t'en persuader, malheureusement, maintenant, ça ne sert plus à rien de se lamenter. Il faut vraiment agir.
-Agir?
-Oui. Pour en finir avec Jodie. Sinon vous allez toutes faire comme Anais. Et qui sait si quelqu'un sera là pour vous sauver.
Je soupirais.
-Mais que devons-nous faire?
-Vous allez utiliser le pouvoir de la Musique.
-Comme je l'ai fais avec Anaïs?
-Exactement.
Je soupirais.
-Et ça suffira?
-Bien sûr.
Je baillais et me frottais les yeux.
-Dis moi, ça fatigue autant à chaque fois?
-Là, tu étais seule, il est normal que tu sois fatiguée, mais vous serrez 4. Mais tu devraisa aller te reposer, sinon demain tu t'endormiras avant de pouvoir changer l'avenir du Monde.
Je ne pû m'empêcher de rire, malgré que ce ne sois pas vraiment une plaisanterie.
-A demain, Murando.
-A demain.
Avant de détourner la tête, je le vis se diriger vers la fenêtre ouverte et regarder au dehors, absent.
J'éteignai la lumière du couloir, et me collais au mur, en regardant discrètement.
La position de Murando faisait que je pouvais le voir tout en restant dans l'ombre.
Il semblait vraiment loin.
Son regard semblait reflèter d'autres paysages que celui que l'on voyait pas la fenêtre du salon.
Une main se posa sur mon épaule.
Je sursautais.
-Ben, qu'est ce que tu fais? murmura Flandrine.
-Je te retournes la question, répondis-je aussi bas.
-Tu tardais, alors je suis venue te chercher.
-Murando a l'air si différent maintenant qu'avec nous...
-Eh bien, chacun a son jardin secret.
Je souris.
-Oui. Je ne devrais pas faire ça. Allons-y.
Je montais les marches, et j'entrais dans ma chambre.
Je m'allongeais doucement sur le lit, et je me mis à pleurer.

# Posté le vendredi 22 juin 2007 14:42

Modifié le vendredi 22 juin 2007 16:03

Chapitre 8: Partie 4

Chapitre 8: Partie 4
Murando avait raison. Il fallait agir.

Il devait être aux alentours d'une heure du matin.
Je ne trouvais pas le sommeil.
Au dehors, la pluie tambourinait sur les volets.
Les yeux équarquillés, fixant l'obscurité, je cherchais à comprendre.
Comprendre comment vaincre Jodie.
Je n'arrivais pas à m'imaginer la tuer.
C'était si mal.
Mais après tout, elle, n'avait eu aucun regret à avoir tenté de tuer Anais.

Je me levais, et entr'ouvrit les volets: il faisait sombre et froid sur le petit jardin.
Les bruits me rappellèrent un instant un de mes livres favoris, Frankenstein.
Je me tirais cette idée de la tête.
Je n'étais pas dans les sous-sol d'une université en train de donner vie à un monstre par la force de l'électricité,
mais dans une petite maison de campagne.
Et pourtant...
La petite maison de campagne, à une heure si tardive et assaillie par les trombes d'eau,
me donnait des frissons.
Je me demandais si les autres dormaient.
Je refermai le volet et sortis dans le couloir, doucement.
Je me souvins que les marches de l'escalier grinçaient, et je me résolu à ne pas descendre.
Au fond, tout au fond du couloir, se trouvait une porte.
Je la poussais lentement.
Je craignais que ce ne soit la chambre de Murando et j'hésitais un moment.
Finalement, la porte, mal fermée, s'ouvrit d'elle-même.
J'entrais dans la pièce.
C'était bien la chambre de Murando, à première vue, mais il ne s'y trouvait pas.
Je poussais un soupir.
La pièce était modestement meublée.
Il y avait un matelas, à même le sol, une petite table, surmontée d'une lampe de chevet et d'un cadre pour photo.
Je le saisis entre mes doigts, et l'observais.
Dans le cadre, était positionnées plusieurs photos.
Une petite de ce qui me sembla être Violet, la vendeuse de disques.
Une de la mère de Murando, je la reconnue car je savais que sa mère était aveugle.
Et une photo de lui. Il n'avait pas menti, il ne vieillissait vraiment plus...
Au dos, se trouvait un petit texte inscrit à l'encre:
"Bientôt 20 ans! Violet."
En reposant le cadre, une petite photo tomba. Au dos, était incrit un message qui me surpris.

"Objectif: Trouver la dernière. Et les 4 autres."

Le "4" avait été barré récemment, et remplacé maladroitement par un "3".
Je retournais la photo, et basculais en arrière.
C'était moi.

Je restais un instant à méditer, la tête entre les mains, assise sur le parquet abîmé.
Soudain, des pas se rapprochèrent.
Je remis la photo à sa place, et me cachais derrière une poutre, dans l'ombre.
Murando entra.
Il était trempé.
Il était donc allé dehors, voilà pourquoi la pièce était vide.

Il s'étendit sur le lit, le regard vague.
-C'est ça... Il faut qu'avec le pouvoir de la Musique, elles lui efface la mémoire, et ainsi elle redeviendra une écolière normale. Mais vont-elles accepter qu'elle les oublie... murmura t-il.

Ainsi, il avait un plan.
Une demi-heure plus tard, je sortis de la chambre.
Il avait fini par s'endormir.
Mais il était bientôt trois heure du matin.
Et je me rendis compte que Murando était le seul à dormir...

# Posté le mardi 26 juin 2007 06:25